J'entends le jet de la douche couler et je somnole paisiblement en attendant que Tom libère la salle de bain. A priori ils ont mille et une choses à faire et il ne faut pas que j'espère pouvoir passer du temps avec eux aujourd'hui.
On toque à la porte, merde, je dois ouvrir ou pas, suis-je sensée être là ?! Non certainement pas alors dans ce cas je vais m'abstenir d'aller ouvrir.
On toque plus fort.
- Tom ?! Brooke ?! C'est Bill ouvrez !
Ah c'est mon coeur ! Bon ben je vais ouvrir. Je me lève et j'enfile le XXL de Tom. J'adore enfiler son XXL et pourtant je déteste son look rideaux de douche mais c'est quand même grave la classe de pouvoir revêtir le tee-shirt de Tom et de pouvoir humer à volonté la petite odeur sucrée qu'il a laissé dessus.
Bill s'agace tout seul derrière la porte, il frappe comme un forcené, ça sent la journée pas de lait, pas de corn flakes je sens qu'il va me faire sa crise. J'ouvre la porte.
- Salut mon c½ur !
- J'ai failli attendre ! Viens là il faut qu'on parle !
Il me prend par la main et m'extirpe hors de la chambre en me traînant derrière lui comme un sac de linge sale.
Les vsd s'affolent et se mettent en formation autour de nous on dirait des légionnaires romains. Je tente de freiner le mouvement de Bill mais cet abruti à plus de force que moi et m'entraîne à sa suite avec fermeté, alors que ces pauvres vsd essayent tant bien que mal de nous planquer.
A peine réveillée, je suis en train de me faire malmener par Bill Kaulitz au milieu du couloir d'un hôtel de luxe, avec pour seul attribut le XXL de Tom Kaulitz et il y a une bande d'allemands baraqués, fringués comme les mens in black, qui nous encerclent de si près que j'ai du mal à respirer. Bienvenue à Kaulitz Land le monde merveilleux et surréaliste des jumeaux déjantés... euh un passeport pour la réalité s'il vous plait !
- Excuses moi Bill mais ça t'écorcherais d'être un minimum civilisé tu m'emmènes où comme ça ?!
Pas de réponse, ok, j'adore, je le savais bien que ça sentait la journée pas de lait, pas de corn flakes, le Bilou à l'air remonté, il va sûrement me remettre la scénette d'hier soir sur le tapis, je le sens pas mais alors pas du tout sur ce coup là, en plus il me fait mal au poignet cet abruti.
- Bill tu me fais mal là tu peux me lâcher s'il te plait ?! Tu sais si tu me l'avais demander gentiment je me serais habillée et je t'aurais suivie. Ca aurait évité que je me balade à moitié nue au beau milieu du couloir et ça aurait également évité que tu me brises le poignet en deux.
Il relâche un peu son étreinte mais ne daigne toujours pas m'adresser la parole, là il commence sérieusement à me gonfler, je hausse d'un ton.
- Putain Bill tu veux bien arrêter tes conneries deux secondes et répondre quand je te parle !!!!
Il s'arrête, se retourne et me dit comme une fleur:
- Arrêtes de crier Rorie, on est arrivé.
Il me précipite dans sa chambre et referme la porte au nez des vsd.
- Non mais ça va pas Kaulitz ! C'est quoi ce sketch, t'avais une envie subite de nous faire ton petit numéro ce matin, c'est le cirque du soleil ou quoi ?!
- Désolé ! Je me suis un peu laissé emporter mais j'avais vraiment besoin de te parler !
- Et ça n'aurait pas été plus simple qu'on discute dans la chambre de Tom ?!
- Je voulais qu'on soit seul ! dit-il en plantant son regard brûlant dans le mien, j'aime pas ça moi mais alors pas du tout, je le sens pas putain.
- Ok alors vas y je t'écoute.
- Assieds toi ! M'ordonne t'il avec fermeté en désignant le rebord du lit.
Euh tu me causes meilleur steplait ! Bon ok je m'assois parce que je ne voudrais pas le contrarier d'avantage qu'il n'a déjà l'air de l'être mais quand même je ne suis pas son chien, cette manie qu'il a de donner des ordres à tout bout de champ ça me fait dresser le poil.
Il s'approche de moi et là ça sent vraiment pas bon, regard pénétrant, attitude féline, je crains le pire.
Il se dresse debout devant moi et me toise avec impériosité. Moi j'ai pas l'air con gentiment assise sur le lit, avec mon tee-shirt XXL, en train de me briser la nuque en deux pour pouvoir le regarder dans les yeux.
- Alors comment c'était ?! dit -il
Et merde j'espère qu'il ne parle pas de ce que je crois qu'il parle.
- De quoi tu parles mon c½ur, je comprends pas ?!
- Bien sûr que tu comprends Rorie ! C'était comment avec Tom, vous avez pris votre pied, j'espère que t'as pensé à moi ?!
Bingo ! Dans le mille c'est reparti pour un tour ! Mais nom d'un chien qu'est ce qu'il a celui là. Il nous a chopé quoi au States le syndrome du je veux me taper toutes les meufs que se tape mon frère et ben il a pas fini d'en voir défiler le loupiot.
- Bill sérieux t'es lourd là ! Je ne sais pas ce que tu as mais franchement c'est n'importe quoi ton attitude !
- Bien sûr c'est n'importe quoi mon attitude et toi la tienne ce n'est pas n'importe quoi peut être ! T'es fiancée, mère de famille et tu t'envoies en l'air à tour de bras avec mes acolytes, tu veux peut -être la médaille du mérite ?!
Oh le petit con, ça c'est vraiment un coup bas.
- Ok c'est quoi ton problème exactement ?! Tu peux m'expliquer parce que je suis complètement larguée, je pensais qu'on était ami Bill et tu me traites comme une merde là !
- Je te croyais plus maligne que ça Rorie, tu le fais exprès où tu comprends pas ?!
Ben effectivement je dois vraiment être stupide parce que je comprends rien à son trip.
- Euh à vrai dire non je te suis pas vraiment là ?!
- Alors contentes toi de répondre à ma question : est ce que toi et Tom vous avez pris votre pied ?!
- Oh et puis tu me soules à la fin ! Alors puisque tu y tiens tant, oui c'était génial, j'ai pris un pied d'enfer et Tom m'a fait grimpé au rideau comme toujours, voilà t'es satisfait !
- Absolument pas, ça me fait vomir d'entendre ça. Tu veux savoir comment j'ai passé la nuit moi Rorie ?!
Euh non je ne suis pas très sûre de vouloir le savoir mais apparemment il va me le dire quand même.
- Je l'ai passé à penser à toi, je n'ai pas pu fermer l'½il de la nuit, je t'ai imaginé en train de te donner à mon frère et ça m'a rendu fou de rage !
Et ben voilà autre chose, non mais là c'est l'apothéose, cinq ans que je m'envoie en l'air avec Tom et voilà que tout à coup ça rend fou de rage le grand manitou.
- Bill c'est quoi au juste le soucis, je te comprends absolument pas ?! Qu'est ce qui t'arrive mon coeur ?! C'est quoi le problème ?!
Le voilà qui s'assied à califourchon sur moi. Euh tu vas où comme ça mon c½ur c'est quoi ce plan foireux encore.
- Le problème Rorie... c'est toi ! J'ai envie de toi tu comprends ça ?! C'est assez clair pour toi là, j'ai envie de toi Rorie, j'ai envie que tu sois à moi !
Ah oui mais non ! Euh ça va pas être possible là, c'est pas du domaine de la probabilité, non, non ! Il y a déjà beaucoup trop d'hommes dans ma vie, on va donc éviter d'allonger encore la liste surtout avec toi mon petit c½ur chéri.
- Bill je...
Il pose un doigt sur ma bouche pour me faire taire, ah mais non il faut qu'il m'écoute et il faut qu'il arrête son numéro de félin prêt à bondir sur sa proie parce que ça craint à mort ! Pas le temps de réfléchir il écrase déjà ses lèvres contre les miennes et introduis avec ferveur sa langue dans ma bouche. Oh non mon dieu, prenez pitié, ça recommence, oh ce foutu piercing, j'irais brûler en enfer ma parole ! Allez Rorie sois forte, c'est Bill, ton Bilou, ton petit c½ur adoré, tu ne peux pas faire ça, pas avec lui, allez bouges toi, résistes, fais quelque chose putain ! Il fait jouer avec fébrilité ses doigts dans mes cheveux et m'assène de fougueux baisers qui me laissent à peine le temps de respirer. Je sens sa virilité pointer au travers de son pantalon moulant et cela m'excite malgré moi. Il se redresse, je peux enfin reprendre ma respiration et surtout mes esprits.
- Bill, non, s'il te plait, arrêtes ça !
Il est en train d'enlever son tee-shirt et me dévoile son torse chétif et pâle comme la neige.
- Bill stop !
Il ne m'écoute pas et fond à nouveau sur moi, il m'embrasse à pleine bouche et ses baisers sont brûlants de désir, ses mains descendent sur mes hanches puis suivent mes cuisses, il attrape le XXL et commence à le faire remonter doucement. Je pose avec fermeté mes mains sur les siennes pour l'empêcher de le soulever. Il tire d'avantage mais je résiste. Il change de technique et retire ses mains de sous les miennes pour les glisser sous le XXL. Je n'ai pas de sous vêtement, mon sang ne fait qu'un tour, si je ne l'arrêtes pas maintenant, je ne pourrais plus le faire, si je le laisse effleurer mon intimité, je ne pourrais plus reculer, je n'en aurais jamais la force, la chair est si faible. Il faut que je le fasse maintenant avant qu'il ne soit trop tard. J'effectue un vif mouvement de recul et dans le même temps je le repousse de toutes mes forces, il perd l'équilibre et se vautre au sol. Il va me tuer, c'est sûr, je ne ressortirais jamais vivante de cette chambre.
Je m'empresse de m'agenouiller à ses côtés:
- Bill, excuses moi, je suis désolée, vraiment désolée mais je ne peux pas te laisser faire ça, tu comprends, c'est pour nous que je le fais, pour notre amitié, Bill ?!
Aucune réponse assis sur la moquette, le visage penché vers le sol et occulté par ses longs cheveux noirs, il ne bouge pas d'un cil, sa respiration est saccadée et sa poitrine se soulève avec force, il va me tuer, je le sens, il va me tuer.
Il se relève lentement, sans m'accorder un seul regard, il remet son tee-shirt, son visage est sombre et fermé, il ne laisse transpirer aucune émotion. Je me relève à mon tour, je ne sais plus quoi dire, plus quoi faire, j'ai peur, j'ai terriblement peur de le perdre.
- Bill ?!
Il ne me regarde pas, j'ai l'impression d'être la femme invisible, il se dirige vers la porte, il s'adresse à moi le dos tourné, Je reviens et il sort de la chambre.
Oh mon dieu, je reviens, ça veut dire quoi ça je reviens ?! Ca veut dire Barres toi vite avant que je ne sois revenu sinon je te tue ou ça veut dire Je vais prendre l'air cinq minutes pour me calmer attends moi ici .
Ben j'en sais rien moi, je sais plus quoi faire, c'est la loose, la panique totale ! Je crois que je vais l'attendre, je ne vais pas me barrer comme une voleuse sans aucune explication, non c'est décidé je vais l'attendre et tant pis si c'est au péril de ma vie.
Putain mais qu'est ce qu'il fout ça fait 15 minutes qu'il est sortit, où ce qu'il est allé, j'en peux plus moi je stresse à mort.
J'entends la poignée de la chambre tournée, mon c½ur fait un bond dans ma poitrine. Bill entre mais il n'est pas seul, il y a trois personnes du staff avec lui, ils sont en pleine discussion apparemment. Il me regarde de haut et me sourit avec arrogance.
- Ah t'es encore là?! Tom veut te voir!
- Mais Bill...?!
Il me zappe complet et reprend sa discussion avec les trois autres en m'ignorant impérialement. Je me sens stupide les autres m'ont regardé comme une bête curieuse lorsqu'il s'est adressé à moi. Tu m'étonnes j'ai l'air de rien avec ce tee-shirt, en plus je n'ai toujours pas fais ma toilette et j'ai la gueule ravagée par le stress, au secours.
Je sors de la chambre à contrecoeur, j'aurais voulu le prendre dans mes bras, lui demander pardon, j'aurais aimé qu'on se parle.
Je traverse le couloir à la course jusqu'à la chambre de Tom, les vsd se foutent de moi et merde je dois vraiment avoir l'air ridicule. Je tape à la porte, il m'ouvre, oh la tronche, bonjour l'accueil, là aussi c'est journée pas de lait, pas de corn flakes, un contre cent qu'il a eu une petite discussion très instructive avec son frère.
- Tom ?!
- Ecoutes Rorie, ça nous mène à rien tout ça, je crois qu'on ferait mieux de tout laisser tomber et d'en rester là, tu peux prendre une douche si tu veux, moi je dois y aller.
C'est quoi ce plan, il n'ose même pas me regarder dans les yeux.
- Tom ?! Thomas regardes moi ! Tu peux pas me faire ça pas à moi, pas après les cinq années qui viennent de s'écouler ?!
- Tu savais que ça arriverait un jour ou l'autre. Tu sais bien comment je suis Rorie, ne me fais pas un drame steplait, c'est fini c'est tout et il n'y a rien d'autre à ajouter.
Putain là je viens de me prendre une grosse claque dans ma gueule, hier soir il me dit je t'aime et ce matin il me lourde comme une vulgaire schreigirl de passage, j'ai envie de le tuer.
- Si ! Moi j'ai quelque chose à ajouter, tu n'es qu'un lâche Tom, un pantin, une marionnette, tu es faible, tu es incapable de lui résister, tu m'écoeures, tu ne sauras jamais vivre autrement que pour ton frère, c'est navrant !
J'enfile un string et un jean, la douche attendra, je ne resterais pas une seconde de plus dans cette putain de chambre. Je me débarrasse du XXL et le balance avec véhémence aux pieds de Tom qui garde le silence, j'enfile un soutif, un sweat et je me barre.
- Rorie, c'est mon frère, c'est Bill, j'ai pas le choix !
- Je ne me retourne pas, je ne veux surtout pas le regarder, je risquerais de lui cracher au visage, je suis tellement en colère et j'ai tellement mal.
- On a toujours le choix Thomas... encore faut il avoir le courage et la volonté d'assumer ses propres choix !
Je sors et je claque violemment la porte derrière moi. Je traverse le couloir jusqu'à la chambre de Bill, j'affiche un magnifique sourire de façade. Je m'adresse à Saki l'air parfaitement détendu.
- Is Bill still there ?!
- Ja!
- Alone?!
- Ja! But we leave in a few minutes!
- It's ok ! Thanks Saki!
Je toque à la porte de Bill et j'entre sans attendre sa réponse. Il se retourne et me dévisage avec humeur. J'avance vers lui d'un pas assuré et lorsque je me trouve suffisamment proche de lui je lui décroche une gifle ferme et violente, ses cheveux tourbillonent et son visage fait un quart de tour sous la pression de ma colère. Il porte la main à son visage et se frotte doucement la joue.
- Sors d'ici tout de suite Rorie. dit-il d'une voix sombre sans lever les yeux sur moi.
- Va te faire foutre Bill, je n'irais nulle part tant que tu ne m'auras pas écouté !
Il se tourne vers moi et plante un regard haineux dans le mien.
- Sors d'ici Rorie... vite sinon c'est moi qui te fais sortir !
- Et après ?! Tu vas appeler tes vsd pour qu'ils me foutent à la porte c'est ça ?! Ben vas y te gênes pas !
- Non je vais attraper ta sale tignasse de garce et te jeter moi-même à la porte ! Barres toi Rorie !
- Putain mais pour qui tu te prends Kaulitz, pour dieu tout puissant peut-être ?! Tu n'as pas le droit de dicter ta loi et de soumettre ta volonté à tous ceux qui t'entourent. Arrêtes ta mégalo Bill, t'es vraiment odieux. Je déteste profondément ce que les Etats-Unis ont fait de toi, je ne te reconnais plus. J'ai toujours aimé ton côté boss mais ton côté dictateur je le haie. Tu as perdu le respect des autres et ça c'est vraiment dommageable, tu me déçois énormément Bill et je crois tu te trompes de chemin. Si je t'ai repoussé c'est parce que je suis ton amie parce que je t'aime et que je te respecte. Demander à ton frère de mettre fin à notre relation c'est vraiment bas, c'est dégueulasse, tu me dégoûtes. C'est tout sauf noble comme attitude, tu vaux tellement mieux que ça Bill, c'est tellement pas toi tout ça ! Reprends toi, je serais toujours là pour toi, tu sais combien je t'aime ! Ne gâches pas tout ça, je sais que notre amitié compte pour toi, Bill s'il te plait ?!
Sa voix se fait tranchante et sans appel.
- Tu as levé la main sur moi Rorie, tu n'aurais jamais dû faire ça ! Je vomis sur notre amitié, je n'en ai pas besoin ! J'ai des tas d'amis, des tas de gens qui m'aiment plus que tout et qui sont prêts à n'importe quoi pour moi ! Je n'ai pas besoin de toi, tu n'es personne, tu es insignifiante pour moi ! Je plains ta famille car tu n'es qu'une vulgaire salope tout ce que tu as réussi à apporter au groupe ce sont quelques orgasmes mais ça des tas de femmes l'ont fait avant toi et des tas de femmes le feront après toi ! Je veux que tu t'en ailles c'est clair, c'est terminé Rorie, c'est fini, je veux que tu sortes de notre vie, définitivement !
Toute cette haine qu'il déverse sur moi c'est insupportable ! Ses paroles sont comme des coups de cutter dans mon âme, il m'arrache le c½ur et le broie lentement entre ses doigts ! Je ne veux pas les quitter, je ne peux pas, c'est au dessus de mes forces je n'y survivrais pas.
Mes larmes jaillissent et je m'écroule à ses pieds secouée par de violents spasmes nerveux.
- Relèves toi Rorie ! dit-il avec humeur.
- Je ne peux pas ! Bill, je t'en supplie, ne me fais pas ça !
On toque à la porte.
- Ja !
On lui parle en allemand il répond. Je suis rivée au sol, prosternée devant lui, implorante. Je suis incapable de réfléchir, je veux qu'il me pardonne, je vendrais mon âme au diable pour ça, je ne peux pas vivre sans lui, je ne peux pas vivre sans eux !
Je balbutie entre deux sanglots :
- Bill je t'en prie pardonnes moi !
- Je dois y aller ! Fais en sorte d'être partie quand je reviendrais sinon je serais obliger de te mettre dehors et ça me gênerait beaucoup de devoir en arriver là Rorie !
Il commence à s'en aller, je m'agrippe désespérément à sa jambe comme à une bouée de sauvetage, je touche le fond.
- Bill ne me laisses pas (dans un souffle) ne m'abandonnes pas.
Il me repousse.
- Tu me fais pitié Rorie ! Il quitte la chambre.
Je suis accablée par le chagrin, c'est le vide dans mon esprit, l'obscurité dans mon âme, j'ai le c½ur au bord du néant, je voudrais ne jamais être née pour n'avoir jamais vécue ce moment. Je voudrais mourir. Je pense à mon fils, relèves toi Rorie ! Sors d'ici, vas t'en et laisses cet enfer derrière toi, des gens t'attendent, des gens comptent sur toi, ta famille, tes amies. Tu en as pris d'autre des coups, celui-ci te parait plus douloureux que les autres mais il n'en est rien ton c½ur cicatrisera et avec le temps tu les oublieras, rien n'est insurmontable, reprends toi, relèves toi !
Je me relève et inspire profondément, mes jambes sont en coton, mes mains tremblent, mes yeux voient trouble et une immense vague de colère commence à envahir mon c½ur. Comment ai-je pu en arriver là, comment ai-je pu tomber aussi bas, comment a-t-il pu me faire ça, je le hais, je hais Bill Kaulitz.
Je me dirige vers la salle de bain, je rafraîchis mon visage et me regarde dans le miroir, une terrible haine s'insinue en moi, j'attrape le verre à dent et le projette violemment contre mon reflet qui se brise en mille morceaux.
Je retourne dans la chambre, me campe sur mes pieds et regarde autour de moi, mon cerveau est embrumé, je n'arrive plus à réfléchir, je veux juste laisser exploser ma colère et vider toute cette haine qui me ronge de l'intérieur.
Mon corps ne répond plus à mon esprit mais à mon c½ur rempli de haine. Je saccage la chambre de Bill avec férocité. Bientôt sa chambre ne ressemble plus qu'à un vaste champ de bataille, je suis épuisée, je n'est pas la moindre idée de l'heure qu'il est, j'ai perdu la notion du temps, j'ai perdu la notion de la réalité, j'ai perdu pied, je me suis perdue dans l'antre de la folie.
Je fouille frénétiquement dans mon sac et j'en extirpe un tube rempli d'anxiolytiques, j'en ingurgite un... puis un deuxième qui ne sera pas de trop. Je titube légèrement et me love sur un fauteuil, genoux repliés contre ma poitrine, je sanglote doucement, je crois que je m'endors.